Présentation de l’auteur

Jocelyn Parent est un philosophe politique québécois qui réfléchit sur les questions sociales de la modernité, en vue de dépasser leurs conséquences désastreuses pour l’humanité. Il détient un baccalauréat en Science politique, obtenu à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), où il s’était spécialisé en analyse politique. C’est en tant que penseur de l’État, notamment du Québec moderne, qu’il se penche principalement sur les questions constitutionnelles et juridiques. Sans provenir de l’École de Francfort, laquelle prône une critique acerbe du libéralisme politique et économique, Jocelyn Parent effectue lui aussi à travers ses écrits une critique du libéralisme. Sa pensée s’inscrit en continuité de celle de cette école allemande qui a fait naître de grands penseurs tout aussi critiques.


Cet intellectuel est aussi un existentialiste à la conscience aiguisée sur les répercussions néfastes des croyances que les gens s’inventent. Sa réflexion sur l’athéisme provient de sa participation à la Commission Bouchard-Taylor, à laquelle il avait présenté un mémoire sur cette façon de saisir la vie humaine. Beaucoup de gens sont intervenus sur la religion et ses forces et faiblesses, mais sans trop comprendre l’enjeu national dont il était question, à savoir la séparation de l’État de l’Église. Ayant voulu réorienter le débat national sur la place de la religion dans l’État, l’auteur nous avait fait part de ses réflexions pour susciter de nouveau une pensée collective.


En tant que philosophe politique et pacifiste, son objectif social et politique consiste à accroître la conscientisation de ses semblables humain-e-s et de les aider atteindre la majorité politique, soit l’âge des responsabilités en tant que collectivité planétaire, collectivité qui se serait libérée des limites arbitraires qu’imposent aux humain-e-s les États. Puisque nous sommes tous et toutes de la même espèce, pourquoi être divisé-e-s en plusieurs États?, se demande-t-il. L’unité de l’espèce humaine passera donc, éventuellement, par la fin des États pour qu’il n’y en ait qu’un seul : l’humanité. Jocelyn Parent est l’un de ces philosophes dont la motivation est l’amélioration du genre humain. Cependant, les êtres humain-e-s ne sont pas encore rendus là. En attendant, il leur faut un État qui leur montrera la voix de l’unité de l’espèce. La constitution (Loi Constitutionnelle de l’État des Québécois-es, dite LCQ) qu’il a écrite répond en partie à cette création de repères sociaux vitaux, cette fois-ci par une intervention démocratiquement populaire, tout autant que politique. Cet État québécois à venir, par sa loi fondatrice, s’avère un exemple pour l’avenir, porteur de sens, de réflexion et d’espoir. Aussi, les questions sociales et politiques alimentent son implication sociale alors que la société actuelle a perdu ses repères moraux, autrefois liés à la religion.


Le combat politique et démocratique des Patriotes est-il toujours d’actualité? Cette réponse nous est donnée par Jocelyn Parent, lui qui conjugue la modernité avec les modèles républicains légués par la France de 1789 et les États-Unis d’Amérique de 1776. Jocelyn Parent ose répondre « Oui » à cette question. Non seulement il modernise les 92 Résolutions des Patriotes et de leurs confrères du Haut-Canada de l’époque, les Réformistes, mais en plus il les prolonge avec de nouvelles valeurs tout aussi républicaines, des valeurs dont le Québec a tant besoin à l’heure où il approche de son indépendance politique vis-à-vis du Canada. Souvenons-nous que les Patriotes, à leur époque, étaient les progressistes. C’est donc doublement que leurs valeurs et leurs principes s’avéraient fondamentaux et qu’ils ont toujours leur pertinence, aujourd’hui réactualisés par la présente Loi.


De plus, Jocelyn Parent est un indépendantiste convaincu que le fédéralisme canadien ne peut être réformé ni être soucieux des collectivités qu’il comprend, à savoir les francophones, les autochtones, même les anglophones. Il pense ainsi puisque le canadianisme d’Henri Bourassa et de Pierre-Elliott Trudeau n’en est pas un de la défense de la nation et de ses réalités sociologiques, la traitant comme une vulgaire communauté culturelle, ce qu’une nation ne peut être. Au nom du multiculturalisme, le canadianisme abolit toute référence nationale, voire nationaliste. Et pourtant, le Canada est une nation, comme le Québec, et les Canadien-ne-s sont un peuple comme les Québécois-es. Cette perte d’identité collective est un enjeu majeur pour l’auteur et le philosophe. « Par la réaffirmation d’une identité nationale, basée sur des valeurs partagées, nous pouvons en tant que Québécois-es nous donner l’État que nous voulons et accomplir des politiques locales et mondiales qui correspondent aux valeurs du peuple Québécois, lequel pense différemment du peuple Canadien, et ce à bien des égards. » Voilà toute la portée de cette œuvre.