Résumé de l’oeuvre

L’essai de Jocelyn Parent sur la peine de mort est le troisième réalisé à ce jour, suivant La Loi constitutionnelle de l’État des Québécois-es et Somme Athéologique. Dans cet ouvrage, il réhabilite l’usage de cette sentence de plus en plus considérée comme moribonde et en voie d’extinction dans les États libéraux et capitalistes. En abordant les thèmes de la loi et de son application judiciaire, la justice, l’auteur nous présente des arguments qui appuient la nécessité de considérer légitime et nécessaire la sentence de mort.


Cette philosophie de la sentence s’inscrit dans tout un processus éthique et moral de la gradation des sentences, lesquelles sont les résultantes d’abord des crimes perpétrés par les criminels et leur libre arbitre. Celui-ci est la pierre d’assise de la société libérale de ces derniers siècles, où ce même libre arbitre permet aux humains de s’auto-affirmer autant que de s’auto-émanciper, bref d’êtres autonomes hors des institutions, notamment l’État et la religion. De ces libertés fondamentales, l’auteur en déduit l’obligatoire responsabilité des actes de chacun.


Par les lois que nécessite toute collectivité, tout État donc, certaines actions sont illégales et d’autres hautement répréhensibles. Et puisqu’elles sont issues du libre arbitre, il n’y a pas d’échappatoire : l’être humain adulte doit prendre la pleine mesure de ses choix et en subir autant les éloges que les réprimandes. La gradation des sentences s’en trouve ainsi légitimée, laquelle se clôt évidemment par la peine de mort pour les criminels les plus dangereux, les plus nuisibles à la société, et qui sont aussi impossibles à réhabiliter. Toute cette pensée sur la responsabilisation s’inscrit donc dans une affirmation existentielle de l’État (par ses lois et sa justice) sur la volonté tout aussi existentielle du criminel. Dans ce face à face, un seul dispose de la légitimité et de la force morale du nombre à préserver tout cela, à préserver l’être- autant que le vivre-ensemble. C’est la raison d’être de l’État, concept plus que vivant au 21e siècle où les divers accords internationaux s’articulent et prennent forme et poids.


La logique philosophique de l’auteur suit des schèmes similaires à ces philosophies présentées par Beccaria (Des délits et des peines) et Montesquieu (L’Esprit des lois). Précis, analytique, incisif et documenté, l’auteur nous présente une philosophie moderne qui couvre de nombreux aspects de la justice actuelle. À cet effet, pour moderniser la peine de mort, il propose de renouveler la façon de l’appliquer et pour des raisons tout aussi imparables. Les abolitionnistes viennent de rencontrer une pensée qui va leur donner du fil à retordre.


Présentant d’abord les raisons d’être d’une collectivité humaine, donc sociale et vouée à sa préservation, l’auteur poursuit sa pensée par les lois qui peuvent unir les criminels entre eux, où les lois des seconds font inévitablement s’opposer de façon dommageable à celles précédemment édifiées et légitimes. Évidemment, toute collectivité va nécessairement favoriser ses propres lois avant celles des criminels, cherchant à les juger pour crimes. Mais certains criminels préfèrent ne pas s’ouvrir à la réhabilitation qui leur est fournie par la société. Viendra la nécessité de prendre une décision sur la place à leur accorder dans l’espace humain, politique et économique.


La loi et la justice culminent donc dans l’emprisonnement et les réflexions que nous pouvons en faire aujourd’hui, suite à quelques siècles de mise en pratique. Le système correctionnel, tel qu’il est conçu aujourd’hui, ne répond que partiellement à la nécessité de réhabilitation. Certains individus acceptent de se réhabiliter, d’autres s’y refusent et certains ne le peuvent tout simplement pas. Faut-il garder en vie, et de quelle manière, ces irrécupérables? Cet essai se veut aussi une réponse à cela.


Voilà une contribution de plus pour le genre humain, visant à accroître son édification sur des sujets sensibles mais qu’il faut néanmoins traiter. Tout cela bien sûr en vue de favoriser un débat de raison, voulant mettre de côté une émotivité qui n’apporte jamais rien d’utile, dont beaucoup de démagogues se font les porte-voix...